Test : No Sleep For Kaname Date – From AI: THE SOMNIUM FILES sur Xbox
En toute conscience
Oui, il faut retenir son souffle avant de prononcer le nom du dernier jeu de Spike Chunsoft. Disponible depuis l’été dernier sur Nintendo Switch (1 et 2) et PC, No Sleep for Kaname Date – from AI: The Somnium Files arrive sur de nouveaux supports, dans une version identique à celle qui a vu le jour sur la nouvelle console hybride de Nintendo. Comme dans le premier épisode, et sa suite nirvanA Initiative, ce nouvel opus nous permet de suivre les aventures de Date, un agent spécial capable de pénétrer la conscience de certains individus dans le but de résoudre des enquêtes criminelles. On retrouve d’ailleurs plusieurs personnages récurrents de la série, avec Boss, Ota, l’intelligence artificielle Aiba ou encore Iris. Le scénario de No Sleep for Kaname Date est d’ailleurs essentiellement centré sur cette dernière, qui se fait enlever par une soucoupe volante dirigée par une créature reptilienne.
On retrouve ainsi l’excentricité de la franchise, qui ne se prive pas pour jouer avec les théories complotistes et l’obsession lubrique du héros pour offrir quelques ressorts comiques et une atmosphère générale qui flirte avec l’absurde. Ce nouvel épisode adopte toujours un game-design qui alterne entre des phases de recherche et des phases plus proches du visual-novel, mais en usant toujours du point’n click, que ce soit pour interagir avec un objet ou avec un PNJ. Tout irait bien si, à l’image des deux précédents épisodes, No Sleep for Kaname Date – from AI: The Somnium Files n’était pas une nouvelle fois en anglais uniquement, aussi bien pour les voix que pour les textes. Autant dire que si vous n’êtes pas ami avec la langue de Shakespeare, vous devriez logiquement passer à côté du sujet, que ce soit avec le scénario, plutôt intéressant au passage, ou pour résoudre des énigmes.
Question gameplay, on l’a dit, le jeu de Spike Chunsoft est découpé en différentes phases qui se succèdent. On retrouve les phases d’enquête, qui consistent à fouiller des plans fixes comme dans un bon vieux Ace Attorney. On peut interagir avec quelques PNJ pour leur poser des questions, ou s’interroger sur divers objets ou éléments du décor pour faire avancer l’intrigue. Des séquences très simples à jouer, qui ne devraient pas nécessairement poser de problème puisqu’il suffit généralement d’éplucher toute une scène pour passer à la suivante. Il existe néanmoins quelques objets facultatifs à récupérer, ce qui oblige à faire preuve d’observation pour ceux qui ne veulent pas passer à côté d’un élément, même insignifiant.
D’un autre côté, on retrouve les phases de «Somnium», autrement dit des séquences où on contrôle la forme humaine d’Aiba pour pénétrer la conscience de certains personnages, et ainsi révéler des informations qui viennent dévoiler peu à peu la trame scénaristique. Globalement, la narration est menée sur un bon rythme, et ces phases de jeu participent à l’originalité de la franchise. Parcourir le Somnium est agréable car il a ce petit quelque chose de mystique et d’envoutant à la fois. Soumis à un temps limite de six minutes, le joueur doit résoudre des énigmes par le biais de questions à choix multiples. Chaque action et chaque réponse donnée a pour conséquence de vous faire perdre de précieuses secondes, et contribuent à vous mettre la pression, tout en vous forçant à utiliser des bonus pour éviter de vous faire manger par le chronomètre. Les énigmes sont intéressantes mais, là encore, il est quasiment indispensable d’avoir un niveau correct en anglais.
Même chose concernant les nouvelles séquences de jeu, qui prennent la forme d’escape game cette fois-ci. Là encore, il est nécessaire de résoudre des énigmes, en trouvant des indices, en associant des objets entre eux ou en résolvant certains mini-jeux. Des phases vraiment très réussies qui donnent véritablement l’impression de se triturer le cerveau, avec des solutions toujours très logiques, et jamais tirées par les cheveux. A savoir que ces phases de jeu, tout comme le Somnium, proposent un choix du niveau de difficulté pour s’adapter à chaque façon de jouer. Les salles à explorer ne sont jamais très grandes, ce qui permet de se focaliser sur l’essentiel, et une option «indice» permet même de mettre en surbrillance l’élément avec lequel interagir pour faire avancer votre progression. Il est possible de prendre le temps nécessaire pour parvenir à vos fins, à l’exception d’une ultime phase de jeu, durant laquelle le chrono vous demande de trouver une solution en moins de trois minutes. Dans notre cas, nous avons beaucoup aimé cette nouveauté, capable de retranscrire à merveilles l’esprit d’un véritable escape game.
Pour ceux qui voudraient refaire une séquence qui leur a plus ou pour récupérer un item facultatif oublié, le jeu laisse la possibilité de refaire n’importe quel chapitre à n’importe quel moment, et cela sans avoir nécessairement fini le jeu. Comme ses prédécesseurs No Sleep for Kaname Date n’est pas un monstre graphique, bien au contraire. Au delà de sa direction artistique atypique, dont on retient également une bande-son impeccable, le jeu souffre de textures assez pauvres, de décors qui manquent de détails et d’animations des personnages qui nous ramènent deux générations de consoles en arrière. Mais globalement, l’atmosphère générale du titre lui offre un cachet unique capable de nous faire oublier ces grandes largesses.
+
- Ambiance subjugante
- Aventure menée sur un bon rythme
- Partie escape-game intéressante
- Plusieurs niveaux de difficulté
- Bande-son au top
-
- Textes et voix en anglais uniquement
- Univers étroitement lié aux précédents jeux
- Textures pauvres et animations "datées"