Test : WWE 2K26 sur Xbox
Never give up
Massif, généreux, débordant, on ne manque pas de superlatifs pour qualifier le contenu de ce WWE 2K26. Le roster suffit déjà à se convaincre que Visual Concepts a vu les choses en grand en regroupant plus de 400 superstars. Ce total est certes à pondérer au regard des nombreuses variantes que l’on retrouve pour les légendes de la discipline, mais cela n’en demeure pas moins intéressant pour les fans de The Rock, Triple H, John Cena, CM Punk et compagnie que l’on a le plaisir de voir évoluer visuellement au fil des époques.
Sans surprise, toutes les modélisations ne se valent pas, notamment lorsque l’on commence à creuser du côté des stars moins brillantes que d’autres, mais l’ensemble demeure néanmoins hautement satisfaisant. On peut évidemment pousser encore plus loin avec l’éditeur de personnage et ses très nombreuses options de physique et d’habillement, pour un résultat aussi facilement réaliste que proprement absurde (il suffit de lancer la génération aléatoire pour s’en convaincre). Rien de révolutionnaire ici mais l’outil effectue le travail comme il faut.
La générosité de WWE 2K26 s’illustre également au travers de ses nombreux modes de jeu. Pas de grosse nouveauté au rendez-vous, mais de nombreux ajustements et enrichissements. En tête de liste, on retrouve le mode Showcase qui met donc à l’honneur CM Punk. Avec plus de 25 ans de carrière professionnelle à son actif, « the best in the world » a naturellement sa place dans ce mode où affrontements et archives vidéo s’enchainent pour retracer les grands moments de l’histoire du catcheur à l’honneur. Face à la caméra, CM Punk revient sur toutes ces expériences, nous invitant même à les rejouer pour éventuellement en modifier l’issue.
On assiste alors à des fins de combat venus d’une réalité alternative que l’on active en réalisant, comme toujours, un certain nombre d’objectifs précis. En cas de réussite, on a droit à une petite cut-scene marquant le fameux changement dans l’histoire. L’ensemble est plutôt amusant, plaisant pour ses extraits vidéo, mais sachez toutefois que vous pouvez récupérer l’ensemble des bonus liés à la complétion de ce mode sans forcément le suivre du début à la fin. Le défi « Gauntlet » se pose en alternative musclée, requérant l’affrontement à la suite de tous les adversaires présents dans le mode Showcase. On souhaite bon courage aux prétendants.
S’il est bien entendu que WWE 2K26 est jouable en ligne pour des matchs classés ou non, il sait qu’il s’adresse aussi et surtout à un public qui veut passer du temps en solo. Showcase n’est ainsi qu’un petit avant-goût du contenu local. On peut par exemple passer beaucoup de temps sur un mode déjà bien connu comme « Mon Ascension », où l’on met à profit le créateur de personnage pour en suivre les pas vers le sommet. On a le choix entre deux petites histoires qui nous font incarner un athlète homme ou femme et tout au long de la progression, on peut faire des choix qui influencent les relations et l’issue ouverte à certains embranchements. Ce mode est assez léger sur la forme, il ne faut pas s’attendre à quelque chose de rythmé comme Showcase ; ça fonctionne néanmoins plutôt bien, malgré les creux qui obligent à enchaîner quelques combats sans enjeux avant de faire progresser l’histoire.
On peut sinon se rabattre sur un autre mode majeur sur le retour, The Island. Adaptation du mode en (petit) monde ouvert de NBA 2K, The Island se veut le plus éclectique, le moins directement axé sur les combats pour laisser une certaine place à l’exploration, les dialogues, au service du déroulement d’un scénario assez… absurde ? On connait la propension du catch à romancer tout et n’importe quoi, mais ce qui fonctionne à peu près dans un NBA 2K ne glisse pas aussi tranquillement – à notre humble avis – dans un WWE 2K. Reste que si sur la forme The Island n’est pas convaincante pour tous (on imagine que les plus jeunes d’entre nous peuvent y être sensibles), on peut tout de même y passer quelques bonnes heures à déambuler dans les rues pour compléter des objectifs principaux ou secondaires, participer à des matchs en local ou en ligne et mettre la main sur de nouveaux objets de personnalisation.
Le principe d’expérience propre à ce mode et de développement de notre Superstar faite maison est très classique dans son approche mais néanmoins assez engageant. A noter que l’on retrouve sur The Island des boutiques permettant d’acheter les éléments vestimentaires de (vraie) marque pour notre avatar, contre des points spécifiques. Ces points s’obtiennent bien sûr essentiellement contre des euros sonnants et trébuchants, à des tarifs particulièrement élevés. Mais de notre point de vue, le jeu de base offre suffisamment de contenu pour ne pas se sentir obligé de cramer la carte bancaire pour une paire de Nike fictive.
Les managers et créateurs en herbe ne sont pas en reste avec WWE 2K26 qui propose des modes tournés vers la gestion et la création. Tandis que l’on peut comme toujours personnaliser jusque dans les moindres détails Superstars et arènes dans « Mon Univers », le mode « MyGM » nous invite à prendre les commandes d’une franchise face à un ou jusqu’à trois joueurs contrôlés par l’IA, et à batailler durant un an, soit 52 tours, pour la suprématie de notre business. Draft, planification des soirées, organisation des événements promotionnels, gestion des aléas et des humeurs : on touche un peu à tout et c’est plutôt sympathique pour qui veut vivre le catch de l’autre côté du miroir, d’autant qu’il n’est pas nécessaire de jouer les matchs, on peut tout à fait les simuler.
Enfin, car il est tout de même temps de terminer la présentation des modes de jeu principaux, sachez que WWE 2K26 propose désormais une bonne trentaine de thématiques pour ses matchs (avec quatre nouveautés dont I Quit ou les Three Stages of Hell) et que, par ailleurs, le mode « Ma Faction » est lui aussi toujours présent. Ce mode basé sur des cartes à collectionner offre comme les autres une grosse durée de vie si l’on adhère au principe. En partant d’une équipe de quatre superstars et en relevant des défis les uns après les autres, on débloque des catcheurs toujours plus costauds pour des défis qui le sont tout autant.
WWE 2K26 incarne une certaine idée de continuité. Les changements sont minimes et les développeurs ont ainsi privilégié le contenu. On retrouve rapidement ses marques et cela vaut aussi lorsque vient le moment de faire valoir sa puissance sur le ring. La mécanique d’ensemble est dans les grandes lignes toujours la même, avec des bases assez faciles à intégrer (coups rapides, puissants, prises, projections et autres Finishers) mais des subtilités requérant une bonne dose de pratique pour être parfaitement maitrisées. On pense notamment au système de contre qui demande à la fois de bons réflexes et une certaine expérience pour apprendre à reconnaitre les prises et quand s’ouvre donc la brève fenêtre de contre. De quoi rendre certains moments parfois difficiles à avaler, quand on se fait enchaîner comme une poupée de chiffon.
Notons que l’ensemble gagne en fluidité et en dynamisme, il y a quelque chose de plus naturel dans la façon dont on aborde les nombreux enchainements possibles. A l’inverse, la réaction (ou absence de réaction) lors de certaines collisions avec l’arbitre, ou le bord de l’arène, égratigne un peu l’efficacité. De leur côté les mini-jeux de soumission ou d’échange de coups à la figure manquent encore un peu d’intérêt, mais sont cependant pour la plupart compréhensibles et abordables (ce ne fut pas toujours le cas) ; le système d’échappée lorsque l’on subit un tombé n’est plus aussi punitif qu’il a pu l’être auparavant.
Aborder sereinement les affrontements demande donc un certain investissement de la part du joueur, mais le plaisir est au rendez-vous. Il vaut aussi pour la prestation technique de WWE 2K26 dans son ensemble. En dépit d’un certain déséquilibre suivant le lieu où l’on combat ou, comme on l’a mentionné plus haut, au regard de la Superstar en lice, le dernier né de la franchise sait briller quand il le faut. Les légendes de la discipline sont merveilleusement modélisées, leurs animations gagnent encore en naturel, l’ambiance est au rendez-vous dans les grandes arènes. Les arrière-plans sont certes en deçà de ce que l’on a directement devant les yeux, mais l’agitation visible et surtout audible compense cet écueil.
On est pris dans le feu de l’action, du brouhaha du public, des très bons bruitages sur le ring et des commentaires comme toujours très bien cadencés (cependant uniquement en anglais). WWE 2K26 offre un très bon moment passé à tous les étages malgré ses nombreux petits défauts, ou plutôt sa réticence à chambouler une formule qui gagne. Reste à voir ce que cela donnera sur la durée, avec le choix du suivi post-lancement tourné cette fois vers un système semblable au « Pass de Combat » vu ailleurs («Ringside Pass» ici). Les bonus gratuits sont sympathiques mais ce qui intéresse le plus est évidemment placé sur la ligne Premium. Comptez 9,99 € pour accéder à un pass pour une saison et notez qu’il en est prévu six en tout.
+
- Modes de jeu à la pelle
- Plus de 400 Superstars
- Prise en main peu changée mais globalement efficace
- Environnement sonore très réussi, des bruitages aux musiques
- Graphiquement au point…
-
- … Malgré certains traitements inégaux
- On ne croule pas sous l’effet de nouveauté
- Encore quelques couacs dans le comportement des catcheurs


