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18.06.2010 à 01h07 par |Source : Rédaction

Dossier > Wii, PS3, Xbox 360 : analyse des conférences E3

Microsoft, Nintendo et Sony ont tous les trois donné leurs conférences traditionnelles de l’E3, mais les choses ne se sont pas exactement passées comme prévu. Sony n’a pas vraiment surpris. Microsoft a surpris, mais dans le mauvais sens et Nintendo, qu’on attendait aussi poussif que les deux dernières années, a présenté un visage étrangement séduisant. Récit d’une ouverture d’E3 étonnante.





Kinection

Il ne faut pas se méprendre. La volonté d’embrasser un nouveau public n’est pas une nouveauté chez Microsoft. L’arrivée de Kinect n’est que l’aboutissement d’un processus lent, progressif, presque risible au début. A l’origine, le projet de la première Xbox, lancée en 2001, était porté, au sein même de Microsoft, par de vrais gamers, passionnés de jeux vidéos : Seamus Blackley par exemple, l’un de ceux qui ont convaincu le groupe américain de dépenser des milliards sans être sûr de les revoir. Ou bien Ed Fries, le directeur d’édition des premiers jours, qui préférait signer des projets originaux plutôt que des jeux plus rentables.

Peu à peu, avec la nécessité de réduire les coûts, la familiarisation de Microsoft avec un marché au départ inconnu, puis l’arrivée de la 360, les choses sont changé. Les leaders emblématiques sont partis les uns après les autres (J Allard et Robbie Bach sont les derniers en date). D’abord timide, avec quelques jeux plus anecdotiques qu’autre chose (qui se souvient encore de You’re in the Movies ?), l’envie d’élargir le champ d’action de la 360 est devenue une conviction pour les dirigeants de la marque. Avec la Wii, Nintendo a été pendant quatre ans le seul à exploiter un marché juteux, celui du jeu vidéo « accessible ». Le groupe nippon a surtout démontré que des produits peu complexes, au budget raisonnable, alliés à un mode de contrôle osant la simplicité pouvaient marcher, même auprès d’un public d’ordinaire insensible au jeu vidéo. C’est ce public que cible désormais Microsoft, et la conférence du 14 juin l’a montré, comme on le prévoyait.

Le projet Natal, à présent Kinect, annoncé lors de la conférence de l’année passée, sort ce Noël, et on pouvait donc être certain que le show serait consacré à sa présentation. Ce qu’on ignorait encore, c’était les choix que Microsoft ferait quant au line-up de l’appareil. Verdict : celui-ci sera, comme la nature même du périphérique, extrêmement inspiré par ce qui a fait le succès de Nintendo ces dernières années. La DS a Nintendogs, la PS3 a EyePet, la 360 aura Kinectimals, un jeu où l’on pourra s’occuper de son propre petit animal. La Wii a Wii Fit, la 360 aura Your Shape : Fitness Evolved, un logiciel de fitness. La Wii a Wii Sports, la 360 aura Kinect Sports et Kinect Adventures, des party games conviviaux. La Wii a Mario Kart, la 360 aura Kinect Joy Ride. Chaque grand compartiment constituant le succès Wii a été reproduit au sein de la stratégie Kinect.

Evidemment, comme personne n’avait prévu le succès de la petite console japonaise, difficile de reprocher à Microsoft (et Sony) de ne lui opposer une résistance adaptée que maintenant. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? La Wii elle-même commence à voir ses ventes décliner. Son image de marque est axée sur ses jeux occasionnels, image que Microsoft devra construire de toute pièce. Et comment installer Kinect dans les foyers, alors qu’aucun plan concret de commercialisation n’a été dévoilé pendant la conférence ? Décisif, le prix du périphérique n’a même pas été dévoilé. La rumeur veut qu’il s’annonce élevé, alors que la caméra-miracle devait être un plug-in abordable, transformant facilement la 360 en une « nouvelle » console.

Micro trop soft ?

S’il y a un point rassurant qui ressort des différentes annonces Kinect, c’est que la réalisation des jeux semble correcte. Microsoft n’a pas développé ses projets par-dessus la jambe, et s’est associé avec des partenaires (Harmonix, Ubisoft, LucasArts) visiblement désireux de soigner leurs premières créations. Néanmoins, la question de l’intérêt ludique de tous ces projets reste entière, et ne sera élucidée que quand ils seront disponibles. L’authenticité de plusieurs démos a été mise en doute, à juste titre quand on les visionne à nouveau : les mouvements des joueurs sur scène ne correspondent pas à ceux retranscrits à l’écran. Microsoft n’a donc pas osé utiliser ouvertement sa technologie, et quand on lit dans la presse que Kinect ne permet pas de jouer assis (!) ou engendre un temps de latence gênant sur la plupart des titres de lancement, on n’est pas rassuré.

Ce qui inquiète beaucoup de joueurs, c’est l’envergure prise soudainement par la division Kinect et l’absence de projets hardcore dans le planning de lancement de la caméra. Sur l’heure et demie de conférence, seule une grosse trentaine de minutes a paru réellement riche en jeux « classiques ». Hideo Kojima sur scène pour Metal Gear Solid Rising, comme l’année passée, Halo Reach, Gears of War 3, Fable 3… De gros projets, mais déjà tous connus. La seule surprise a été la nouvelle exclusivité en partenariat avec Crytek, et encore, car seul un aride teaser a été dévoilé. Et puis là-dessus, une heure, très lourde, de Kinect.



C’est le choc des cultures : un fabricant de consoles au public traditionnellement connaisseur se lance brutalement en sens inverse, et mène une conférence rappelant directement les pires années Wii. Une console que beaucoup de possesseurs de 360 ne se dérangent pas pour critiquer (il suffit de faire un tour sur les forums de Xbox-Mag pour le constater). La plupart des hardcore gamers ont encore beaucoup de mal à accepter la nouvelle vague des jeux occasionnels. Le mélange soudain des publics mettra sans doute un peu de temps à se faire. Avec, en peur sous-jacente, l’interrogation sur les priorités futures de Microsoft. Malgré les réserves de liquidités infinies du groupe, la division Entertainment and Devices a perdu trop d’argent depuis 2001. Les actionnaires sont frustrés, et Kinect est censé apporter à la 360 un souffle nouveau, susceptible d’éponger un peu plus vite des pertes astronomiques. Dans ce contexte, il est impossible de savoir si Redmond saura faire la part des choses et partager son budget entre jeux classiques et jeux Kinect ou choisira de se concentrer sur ces derniers, du moins pendant un temps pour s’imposer face au Move de la PS3.

La présence de davantage de projets gamer dans le line-up (ou même tout court) aurait sans doute aidé à faire passer la pilule, mais environ un an seulement après la distribution des kits de développement, il est sans doute encore un peu tôt pour voir si Kinect saura réellement trouver une application autre que celle qu’on a vue pendant la conférence.


Miyamoto, Kevin Butler et Coca Cola

Microsoft peut d’autant plus être critiqué que la concurrence n’est pas restée les mains dans les poches. Plutôt lente et peu rythmée, la conférence Nintendo a surtout valu par son contenu pur, avec énormément d’annonces intéressantes et beaucoup d’anciennes grandes licences de retour (Donkey Kong, Kirby, Kid Icarus, etc.). Le simple fait que le show, lancé sur de bonnes bases par Miyamoto et Zelda Skyward Sword, ait été beaucoup plus riche qu’on ne s’y attendait, lui a permis de dégager une impression bien supérieure à celle laissée par Microsoft et Sony. Même si, finalement, les démonstrations en direct n’étaient pas si passionnantes que cela et que certaines annonces attendues ont débouché sur du néant (où est passé le Wii Vitality Sensor ?). La 3DS promet beaucoup de jeux d’importance, et si Nintendo a plus annoncé que montré, la machine est déjà, visiblement, solidement en place. Porté par le trio terrible Miyamoto-Reggie Fils-Aime-Iwata, le leader du marché s’avance avec confiance vers le nouveau défi du jeu en trois dimensions.



La 3D, c’est aussi un des chevaux de bataille de Sony, un message martelé durant une conférence très classique et aux innombrables longueurs. Entre les vidéos promotionnelles, l’apparition plus ou moins drôle de Jerry Lambert alias Kevin Butler et les présentations de jeux déjà vus, le show du groupe japonais s’est étiré sur plus de deux heures. Pénible. Heureusement pour lui, et contrairement à ce qui s’était passé en 2009, le principal concurrent de Microsoft a mieux réussi l’introduction de sa technologie de détection de mouvements (Move) que Redmond : plus de jeux, plus de variété et une qualité de fabrication apparemment impeccable en font un concurrent de poids. Seul souci face à Nintendo : le prix d’accès, quand on compte tous les modules à acheter pour vivre l’expérience complète, risque de rapidement monter. Pour peu qu’on veuille acheter le kit de deux manettes (Move + « Nunchuk ») pour deux joueurs, on risque de se retrouver avec un tarif d’entrée peu ou prou équivalent à Kinect. Le duel promet, néanmoins Move dispose de deux gros avantages : il sort deux mois avant son adversaire et disposera de plus de jeux en fin d’année.

Sony a aussi confirmé que la PS3 avait définitivement trouvé son rythme de croisière en termes de sorties. Le line-up first et second party ne désemplit pas, avec Twisted Metal, inFamous 2, Little Big Planet 2, Killzone 3 et compagnie. Et encore, car certains des projets les plus intéressants à venir n’ont bizarrement pas été montrés (The Last Guardian, le nouveau Jenova Chen : Journey). Cette pluie de titres a presque fait oublier qu’un service payant a été introduit sur le PSN, une nouvelle à laquelle on s’attendait tant le manque à gagner online devenait grand pour le groupe japonais.

Ce qui a manqué à Sony, comme à Microsoft, ce sont les annonces, les nouveautés, quelque chose qu’on voit de moins en moins à l’E3. Symboliquement, la Nouvelle Xbox 360 aurait dû être le coup de théâtre de la conférence de Redmond, mais tout avait fuité sur internet. On connaissait jusqu’à l’apparence de la machine la veille.

  • 18.06 à 07:33

    c’est juste qu’il y a trop de studio en ce moment est le marché devient "saturé" comme dans tous mes marchés : c’est nouveau tout monte fait sa, trop de produit donc certain sont racheter ou font faillite pour laisser 4 gros sur le marché
    car regarde quand u va au magasin ya bcp trop de jeux pour tous ces jeux soit rentable

  • 18.06 à 05:55

    Je suis à peu près d’accord, il y a sans doute des choses intéressantes qu’on ne voit pas à cause des limites des consoles. Mais si tu veux, je pense que les coûts de production actuels nécessaires pour faire un grand jeu vidéo limitent plus les studios que les contraintes techniques des consoles. Je préfèrerais voir Guerilla ou Bungie (des exemples parmi d’autres) essayer de nouveaux concepts risqués plutôt que d’enchaîner les FPS à chaque fois un peu plus beaux, avec des décors plus destructibles et gérant plus d’ennemis simultanément.

    On est actuellement dans une situation où 90% des studios sont susceptibles de fermer si un seul de leurs jeux ne marche pas dans le commerce. Ce n’est pas une situation saine.

  • 18.06 à 04:22

    interessant ce que tu dis diamond, mais je suis pas du tout emballé par le fait d’avoir le meme hardware a la nouvelle generation. Nintendo a choisi de conserver le meme hard que la GC, et y’a quand meme un gouffre colossal entre la wii et ses concurrentes, tout comme la ds et la PSP, et les graphs GC/ N64 ameliorée n’ont rien d’excitant.

    Je te rejoins sur ce point, on atteint quasiment du photorealisme avec de nombreux jeux de cette generation, mais je pense qu’il y a toujours des choses a ameliorer, peut etre dans l’interactivité des decors, ou n’importe quel objet possederait sa propre masse, resistance, etc… et influerai de facon notable sur l’environnement (par exemple, une explosion dans un jeu qui generait des degats caclulés sur tout l’environnent present, voitures, vitrines de magasins qui se cassent si un projectile l’atteint, voire cette meme vitrine qui blesse un passant s’il y en a un a ce moment la)

    Y’a aussi surement pleins d’autres choses a faire sur les consoles, genre du FSAA 4x, enfin, pleins de trucs obscurs connus des devs qui sont pas encore appliqués sur console, ou pas tous en meme temps faute de puissance. Bien sur, y’a rien d’inspensable dans ce que j’enonce, mais ce sont ces petits trucs qui justifient l’achat d’une next gen.

  • 18.06 à 03:27

    Je pense que ça dépendra évidemment du succès éventuel de Kinect et Move, mais plus généralement des ventes de consoles et de jeux. Sony et Microsoft ont dépensé tellement d’argent pour concevoir et lancer la PS3 et la Xbox 360 qu’ils n’ont aucun intérêt à précipiter l’arrivée de nouvelles machines. Surtout dans un contexte économique difficile.

    Quel peut être l’avantage actuel de lancer une nouvelle console ? A part faire quelque chose d’encore plus puissant, sans garantie que ça fonctionne. Le niveau technique des jeux est complètement satisfaisant je trouve, même si les consoles ont 4-5 ans. On est arrivé à un stade où même un gros gain de puissance n’apportera pas une énorme plus-value, contrairement à ce qui s’est passé dans les transitions PS1-PS2-PS3 ou Xbox-Xbox 360 (et encore, cette génération a mis quelques années à se servir efficacement de la puissance des nouveaux systèmes).

    Sans compter qu’augmenter la puissance augmenterait aussi les coûts de production déjà indécents des jeux. Ca étoufferait tout le monde et briderait la créativité.
    Honnêtement je ne vois pas vraiment qui aurait intérêt à voir arriver de nouvelles machines dans un ou deux ans.

  • 18.06 à 01:41

    Sommes-nous au bout de cette génération?
    Effectivement le post au dessus à raison, si les nouvelles technologies, Kinect et autre PsMove font un bide, une nouvelle génération de console devrait arrivée. 2013-2014 pourquoi pas?! Peu être même qu’elles sont déjà en développement qui sait !

  • 18.06 à 11:56

    c’est sur la prochaine génération sortira bientôt si kinect et moove font un bid que s’il marche bien mais je pense que vers 2013 faudra obligatoirement qu’il sorte une nouvelle console quand on voie deja crysis 2 qui est magnifique sur pc est juste beau sur console on commence a voir les limite d’une configuration vieille de 5 ans avec un développement qui a du duré plus d’un an avant la sortie donc la xbox a 6 ans de retard sur une machine milieu de gamme de l’époque, ce qui est énorme quand on parle de technologie (mon pc acheter en novembre pour prés de 2000€ (oui j’ai fais une folie lol) doit etre environ 10(voir plus) fois plus puissantes que la 360)

  • 18.06 à 09:34

    Dur d’être sur pour la nouvelle génération car les coûts de lancement sont astronomiques et c’est très long pour rentabiliser. Pour la 360, il me semble que microsoft a commencé à être à l’équilibre en 2008, donc ça ne fait que 2 ans qu’ils font des profits (enfin qu’ils comblent le gouffre xbox). Là ils essayent de relancer les ventes de la console avec kinect. Si ça marche, on aura pas de nouvelle console avant 2012, 2013. Dans le cas contraire, une nouvelle console est envisageable dès l’année prochaine je pense.

  • 18.06 à 08:39

    A quand la nouvelle génération?

    Il n’y a que Nintendo pour nous faire rêver

    super déçu du kinect…: pas très original toutes leurs démos, et pas très convainquant. Et les rumeurs du prix… la loose ;(

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