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22.03.2020 à 09h24 par - Rédacteur en Chef

Dossier > Les 10 jeux sur Xbox parfaits pour voyager depuis votre canapé

Syndrome vidéoludique de Stendhal

Ce dossier a été imaginé il y a maintenant plusieurs mois, alors que de nouvelles pérégrinations sur les terres de la Bohême de Kingdom Come : Deliverance me firent ressentir ce sentiment particulier de pur émerveillement contemplatif. Un moment particulier qui en cette période troublée et marquée par de grandes restrictions dans nos déplacements, a plus d’impact que jamais. Aussi était-il temps pour moi de mener à terme ce petit dossier et vous parler de ces jeux Xbox qui, chacun à leur manière, sont une invitation au voyage et à l’émerveillement.

Les quelques jeux dont nous allons parler aujourd’hui ont été sélectionnés selon deux critères principaux. Le premier tient simplement au fait que votre humble serviteur a pu y jouer pour témoigner ; aussi est-il fort probable qu’en dépit d’une large expérience sur des jeux en tous genres sur Xbox One, j’ai pu passer à côté de titres qui siéent à merveille au thème du jour (vous êtes dès lors cordialement invité à faire part de votre propre sélection).

Le second tient à la nature de l’expérience mise en avant dans cet article : il est question de jeux qui d’une manière ou d’une autre, provoquent un sentiment d’émerveillement semblable à celui que l’on peut expérimenter lors d’un véritable voyage. S’il n’était évidemment peut-être pas aussi puissant que celui qu’évoque l’écrivain pour décrire sa découverte de la ville de Florence, le syndrome de Stendhal à la sauce « vidéoludique » est ce qui a été vécu dans les jeux qui composent la petite sélection à venir. En attendant Flight Simulator…

Kingdom Come : Deliverance

KCU land

On débute naturellement cette sélection par le jeu qui a motivé la rédaction de cet article, même s’il n’est pas le premier à exercer sur le joueur que je suis l’envie incontrôlable de découvrir chaque mètre carré de son monde. Avec comme cadre la superbe région centre-européenne de Bohême, qui plus est au Moyen-Age et donc dénuée de toute pollution visuelle que l’on ne connait que trop bien, Kingdom Come : Deliverance est une véritable invitation au voyage. Lumineux, vivant, chaleureux comme une belle journée de printemps, le monde de Kingdom Come : Deliverance est à mon sens le plus immersif de tous sur Xbox One.

Bien aidée par des thèmes musicaux superbes, la découverte des terres d’Henry, de Skalice à Rattay (tous des lieux qui, pour la plupart, existent toujours) peut occuper des heures au-delà des besoins liés à l’aventure. On est bien contrarié par quelques mauvaises rencontres, mais l’absence ici de dragons et autres éléments non-réalistes renforce grandement l’immersion et le sentiment de toucher du doigt quelque chose de très concret.

Kingdom Come : Deliverance étant disponible sur le Xbox Game Pass, on ne saurait que trop vous conseiller de tenter l’aventure, ne serait-ce que pour la promenade.

Forza Horizon

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On a tous en tête le jeu qui nous a fait dire après avoir acheté une nouvelle console que c’était ça, et rien d’autre, que l’on attendait de notre dur investissement. Si de nombreux joueurs ont -à raison- vu leur mâchoire se décrocher en découvrant Ryse sur Xbox One, j’ai de mon côté été véritablement bluffé lors du lancement d’une démo. C’était celle de Forza Horizon 2.

De la première seconde de jeu à l’issue de la version d’évaluation, puis plus tard de la première à la dernière minute du jeu complet, l’Italie et le Sud de la France de Forza Horizon m’ont donné précisément ce que j’étais venu chercher. Et peut-être plus encore. Propulsé comme un boulet de canon sur la route, il y a tout de même ce sentiment incroyable d’émerveillement face aux décors enivrants. Des jeux de voitures qui vous incitent par leur simple beauté à stopper le véhicule dans un coin pour prendre le temps d’une capture d’écran, pas pour le bolide mais précisément pour le cadre, il en existe peu.

J’évoque Forza Horizon 2 car c’est celui qui m’a personnellement le plus marqué, mais la claque s’applique tout aussi bien avec l’Australie de Forza Horizon 3 et les terres de sa Majesté dans le quatrième épisode. En prendre plein les yeux, adopter chaque mètre de bitume pour prendre à chaque fois un peu plus de plaisir à rouler dessus, chercher tous les points d’intérêt et en profiter pour partager quelques jolis screens : Forza Horizon, ce n’est pas que de la course, c’est aussi le plaisir de la sortie au grand air, le free ride… En bref, le voyage.

Yakuza 0

yakuza

Au lancement de la saga sur PS2, on a beaucoup fait le rapprochement – à tort – entre Yakuza et Shenmue. Il y a effectivement dans ces deux jeux une grande part de l’aventure qui est laissée à l’exploration des rues japonaises. Mais si Shenmue, dont nous allons naturellement reparler un peu plus loin, est une véritable ode à la découverte par la lenteur, Yakuza adopte un angle tout à fait inverse. Yakuza c’est l’excès, le bouillonnement, la profusion au service de l’immersion.

Pour l’heure, le seul représentant dont nous disposons sur Xbox One est Yakuza 0. Certes, son exubérance n’en fait peut-être pas le plus représentatif de la saga pour évoquer sujet du jour ; il prend place à une époque où ce drôle de quartier de Tokyo est sale, mal famé comme jamais. Mais tout de même : à Kamurocho ou Sotenbori, il y a dans l’exploration des ruelles, dans chacun des petits magasins visités, dans chaque restaurant où l’on engloutit une spécialité locale, l’expression d’un amour véritable des développeurs pour leur culture.

Tout exagéré qu’il puisse être Yakuza 0 n’en demeure pas moins un formidable outil d’accès à l’atmosphère des villes japonaises pour le passionné qui n’a pas ou peu l’occasion d’aller constater cela lui-même. Du mini-jeu aux affiches placardées sur les murs, des centaines de devantures et panneaux publicitaires, Yakuza est une déclaration d’amour des japonais au Japon.

Disponible lui aussi sur le Xbox Game Pass, Yakuza 0 est pour ces raisons et des tonnes d’autres encore, un jeu à découvrir absolument.

Dear Esther

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Voilà un jeu qui nous sort un peu du sentier qui nous a jusqu’ici porté vers des mondes ouverts. Dear Esther, c’est tout le contraire justement : un walking simulator pur et dur, peut-être même le jeu qui représente de la façon la plus viscérale l’essence du genre. Pas d’énigmes ici, pas d’interactions, d’objets à collecter et encore moins de PNJ à qui parler. Simplement un chemin et une voix qui nous racontent tous deux à leur manière une histoire.

Une petite île au large de l’Irlande, l’horizon à perte de vue, un ciel lourd, une musique qui pose tout de suite l’ambiance : le choix de Dear Esther pour figurer dans ce classement peut vous sembler étonnant, mais il n’en est rien. Dear Esther, c’est l’expression du voyage introspectif, la marche solitaire qui permet d’apprécier chaque détail de ce qui nous entoure. Et ça fonctionne ! Durant les deux heures et quelques minutes que dure cette aventure, on est véritablement happé par les lieux, curieux de savoir ce qu’ils renferment, subjugué par la beauté des plusieurs panoramas. Un des passages du jeu, dont je ne dirai rien pour ne pas gâcher l’expérience, porte l’expérience visuelle et auditive à un niveau extraordinaire.

Tout le monde n’adhérera pas forcément à ce genre d’expérience mais si l’occasion de vous y essayer vous est donnée, vous auriez tort de la refuser.

The Elder Scrolls

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Me jette la première pierre celui qui n’a pas eu le souffle coupé lorsqu’en 2006, sur une Xbox 360 naissante, il s’extirpe des égouts de la Cité Impériale pour découvrir face à lui l’immensité verdoyante des terres de Cyrodiil. Ou plus tard, lorsque ses premiers pas dans Skyrim le portent à la conquête d’un interminable chemin serpentant dans la montagne.

Dans un cas comme dans l’autre, et peut-être tout simplement dans tous les Elder Scrolls depuis Morrowind, l’addition de l’immensité, de la variété des décors, du sens des détails et des musiques fabuleuses signées Jeremy Soule fait des jeux de la saga une usine à grands moments d’émotion.

Bref, inutile de tourner autour du pot : en dépit de leur caractère hautement fantastique, les jeux Elder Scrolls sont de formidables moyens de ressentir le souffle apaisant du voyage, le plaisir de la découverte et de l’émerveillement.

GTA V, Red Dead Redemption

GTA 5 mont chiliad

Différents à bien des égards, GTA V et Red Dead Redemption (I comme II) ont en commun l’immense savoir-faire de Rockstar Games pour créer des mondes vivants, riches de détails, fourmillant de petites choses à voir et à entendre. A l’heure où un jeu comme l’autre vivent plutôt de leur nature de grand bac à sable pour permettre aux joueurs de se retrouver, il est bon de rappeler qu’un GTA (et par extension Red Dead Redemption) peut et doit aussi être appréhendé en solo.

Hors de leurs scénarios respectifs, loin du multijoueur, GTA comme Red Dead Redemption sont de formidables supports pour voyager. Et Rockstar Games le sait : combien de fois allez-vous tomber, dans un coin tout à fait paumé et hors mission, sur le PNJ, le détail visuel ou le moyen de transport parfait pour profiter des lieux ? Errer dans GTA ou Red Dead Redemption, c’est probablement le meilleur moyen de se rendre compte du monde formidable que l’on est invité à découvrir.

Alors, inutile d’attendre qu’une secte vous invite au pèlerinage : si ce n’est pas déjà fait, ces titres Rockstar Games (plus particulièrement GTA V, disponible sur le Xbox Game Pass) n’attendent que votre envie de les découvrir.

Shenmue

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S’il n’a pas inventé le monde ouvert, Shenmue lui a en revanche donné toutes les clés pour en faire, alors que nous sommes en 1999, une transposition des plus humaines qui soient. Peut-être est-ce là ce qui fait que l’on aime Shenmue ou qu’on le déteste cordialement : on l’a dit un peu plus haut, tout dans ce jeu évoque la lenteur, le temps qui s’égraine, la ville et la vie réduits le plus souvent à l’essentiel. Mais c’est cela qui est formidable dans Shenmue et en fait une saga unique, autant qu’une invitation  la découverte en prenant son temps.

S’il était un voyage, Shenmue ne serait pas le short trip où l’on case un maximum de choses que l’on s’épuise à faire en un minimum de temps. Non, il serait plutôt ce déplacement que l’on fait avec un ticket aller, en se disant que pour le retour, on verra plus tard. Disposer des deux épisodes de la saga sur Xbox One rend les choses d’autant plus intéressantes que Shenmue I et II sont deux titres aux approches très différentes dans la façon dont on vit la découverte et notre évolution sur place. Le premier et sa surface réduite nous font, par la force de l’habitude et de celles des PNJ que l’on observe et avec lesquels on parle, nous sentir chaque jour un peu plus immergés dans la vie de la petite ville. Dans Shenmue II en revanche, on est un peu à l’image de notre héros : un véritable étranger qui découvre un lieu qui le dépasse, un monde qu’il faut apprendre à dominer pour en apprécier les particularités.

On terminera, sans spoiler, avec un mot sur les ultimes heures de jeu de Shenmue II. C’est une expérience dans l’expérience, une facette de Shenmue très particulière qui s’inscrit on ne peut mieux dans la thématique de ce petit dossier. En bref, pour les émois de la découverte comme pour le caractère particulier de ses derniers instants, la compilation Shenmue I&II est un choix de premier ordre.

Sea of Thieves

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Rare sait comment créer des univers hors du commun. De Banjo à Kameo, le développeur britannique a donné aux joueurs Nintendo puis Microsoft de quoi rêver, s’évader et s’amuser. Par le passé, tout cela a reposé sur une combinaison forte et équilibrée entre un monde, des gueules charismatiques et des mécaniques de jeu réglées aux petits oignons. La recette d’un bon jeu me direz-vous. Mais c’est aussi en prenant le contre-pied total de tout cela que Rare est parvenu une nouvelle fois à s’imposer avec un jeu nommé Sea of Thieves. Et pas la même occasion, nous donne aujourd’hui de quoi être heureux nous qui, comme Ulysse, allons faire un grand voyage.

Sea of Thieves, c’est d’un point de vue ludique un jeu dont le grand intérêt repose sur la façon que vont avoir les joueurs de faire bon usage des outils posés dans leurs mains. C’est aussi un jeu qui ne s’appuie pas sur des héros, des petites et grandes gueules que l’on n’oubliera pas, autant que sur un scénario dont on suit avidement le déroulement. Sea of Thieves, c’est au contraire le récit que l’on aura choisit d’écrire au gré des flots et cette aventure, qu’importe le temps que l’on va lui consacrer, prend place sur les mers les plus incroyables qu’aient porté le jeu vidéo sur consoles. Le soin apporté à l’océan, au ciel, aux mouvements du bateau ; ce sentiment unique qui se révèle alors que se dessinent au loin les contours d’une terre mystérieuse : avec tout cela, Sea of Thieves offre une définition du voyage unique en son genre.

Comme d’autres ici, Sea of Thieves est disponible sur le Xbox Game Pass. Alors si vous avez envie de quelques heures ou de plusieurs mois d’évasion, vous savez vers quel port embarquer. Ta ta ta !

Assassin’s Creed

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Impossible de composer un classement de la sorte sans évoquer la saga Assassin’s Creed, véritable fabrique à découverte historique et plus largement culturelle. J’ai encore en tête la découverte du tout premier épisode sur Xbox 360 et plus particulièrement mon arrivée à Damas : la foule, le soleil, l’agitation dans les rues à un moment où le jeu ne s’est pas encore perdu dans sa répétitivité ont constitué un moment de grande émotion, d’immersion grisante.

On sait bien sûr que cette saga prend de grandes libertés avec les réalités historiques, mais Assassin’s Creed n’en demeure pas moins un formidable outil d’ouverture au monde et à ses richesses. Dans mon cas et celui d’autres j’imagine, certaines découvertes faites dans le jeu m’ont incité à aller creuser l’aspect véritable de tout cela, à observer, à prendre des notes en vue peut-être d’une visite des lieux dans la «vraie vie». Il est difficile de conseiller un jeu Assassin’s Creed au détriment d’un autre ; il y a forcément une certaine affinité culturelle qui va orienter le choix, une envie de porter la curiosité sur une époque plutôt qu’une autre.

Si personnellement j’aurais tendance à retenir en premier lieu les mal aimés (Assassin’s Creed III et Revelations), les épisodes les plus aptes à vous faire voyager sont certainement les deux derniers en date : Origins (Egypte) et Odyssey (Grèce). D’abord parce qu’ils sont les plus récents et donc les plus aboutis. Mais ils sont aussi deux titres qui disposent de modes «découverte» purement éducatifs, renseignant sur l’histoire et la géographie des terres concernées par les deux jeux. De quoi profiter de toute la beauté des lieux en toute tranquillité, façon touriste voyageant dans le temps.

No Man’s Sky

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On termine notre traversée de cette sélection en portant notre regard vers l’infini et au-delà. Il était presque évident de clôturer ce petit périple avec un mot pour No Man’s Sky, ode au voyage et à l’exploration s’il en est. On retrouve dans ce jeu -qui a bien évolué depuis son lancement sur PS4 !- absolument tout ce qui fait le sel du voyage, le frisson de l’inconnu où la découverte se fait pas à pas. Dans cet univers sans limite, l’émerveillement n’est certes pas toujours au rendez-vous ; on peut facilement enchaîner les déconvenues et souffrir quelque peu comme un touriste en Inde qui boit de l’eau.

Mais au détour d’une nouvelle traversée de l’espace se trouve peut-être cette planète qui provoquera ce grand sentiment de bien être recherché. On aura alors tout loisir de s’y installer, de l’inspecter jusque dans les moindres recoins, de la comprendre pour peut-être en faire un petit chez-soi. Parce que c’est peut-être cela, la quête ultime du voyage.

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