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Silence : The Whispered World 2

| Développé par Daedalic Entertainment

3/5
One : 09 décembre 2016
12.12 à 21h38 par

Test : Silence : The Whispered World 2 sur Xbox One

Voilà déjà sept ans que Sadwick écrivait ses chroniques dans un point’n’click enchanteur et plutôt bien accueilli par son public sur PC. Depuis, le genre s’est confortablement installé sur consoles de salon et c’est donc sans surprise que Daedalic Entertainment porte aujourd’hui sur Xbox One Silence : The Whispered World 2. C’est un monde magique qui s’offre à nous, poétique à bien des égards mais malheureusement entaché par quelques rimes mal placées. Explications.

Préparez tout de suite votre régulateur émotionnel parce que les choses débutent assez fort dans Silence : The Whispered World 2. Cloîtré dans un bunker alors que son village est sous le feu des bombardements, Noah aide sa petite sœur Rennie à s’évader, au moins spirituellement, en lui contant une nouvelle fois les aventures de Sadwick. Pour qui n’a jamais joué aux Chroniques de Sadwick, voilà un excellent moyen de se lancer dans ce second épisode sans craindre d’être perdu. Quelques événements plus tard, nous voilà dans un autre monde, celui de Silence, celui où l’aventure commence vraiment. Et que dire, si ce n’est que Silence : The Whispered World 2 est assurément le plus beau point’n’click sur consoles à ce jour.

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Les décors (en 2D) dépeignent un monde parfois enchanteur en jouant sur des panoramas grandioses, des couleurs chaudes et des éclairages éblouissants. D’autres fois, le monde de Silence a quelque chose de plus inquiétant. Et même quand une certaine mélancolie s’empare de l’univers de Noah et Rennie, le résultat n’en demeure pas moins superbe. Un sans-faute graphique et artistique appuyé par un chara-design réussi (mention spéciale pour Rennie) et une très bonne intégration de ces personnages en 3D dans les décors. Vous l’aurez compris : il est bien difficile de rester insensible aux charmes de Silence, à plus forte raison lorsque se dévoilent peu à peu les personnages.

« Vous l’aurez compris : il est bien difficile de rester insensible aux charmes de Silence, à plus forte raison lorsque se dévoilent peu à peu les personnages »

Courageuse et espiègle, Rennie est un exemple d’enfant-héros réussi et crédible dans son rôle de pendant à Noah, adolescent coincé dans des bottes un peu trop grandes et trop lourdes pour lui. Les doublages (en anglais) sont de bonne facture, notamment pour la jeune fille. Incarnés à tour de rôle, frère et sœur ne manquent pas de charisme et forment un duo parfaitement taillé pour cette quête fantastique. Ils sont accompagnés par un autre personnage jouable, Spot, petite chenille capable de quelques tours de magie avec son corps et que vous imaginez forts utiles pour se frayer un chemin dans Silence. Et c’est là que ça coince un peu.

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Silence : The Whispered World 2 adopte une posture assez déconcertante, fichée entre le point’n’click traditionnel et le jeu d’aventure narratif à la Telltale. Il en résulte un gameplay assez simpliste, fait d’énigmes qui n’en sont pas vraiment. On ne se contente certes pas de regarder les événements s’empiler comme dans une aventure Telltale mais les actions à effectuer pour avancer se résument pour la plupart à trouver un objet à un point A pour le déposer à un point B. Et on répète l’opération. Il n’y a pas d’inventaire, quasiment aucun puzzle ne demande de démarche de réflexion particulière. La solution est sous notre nez dans neuf cas sur dix ; pour l’exception qui vient confirmer la règle, il n’y a rien d’insurmontable non plus. Au pire, on peut toujours enchainer les interactions avec les éléments du décor jusqu’à trouver la solution qui n’est jamais très loin.

« Lorsque vient la conclusion, très belle d’ailleurs, on ne peut tout de même ignorer la frustration qui ressort de cette aventure dont la beauté n’a finalement d’égal que l’inconsistance »

On peut peut-être voir ici une volonté de la part des développeurs de rendre l’aventure accessible mais force est de constater que l’on tend tout de même pas mal vers quelque chose qui a le derrière bien coincé entre deux chaises. Cette absence de challenge dessert d’ailleurs la durée de vie de ce titre qui dure un petit peu moins de cinq heures. Mais ce n’est pas seulement court. C’est surtout, arrivé à un certain point, expéditif. Car si durant tout ce temps on est emporté par l’univers de Silence et on ne perd jamais un seul centimètre de l’attachement que l’on porte à Rennie, quelque chose ne va pas avec les autres personnages et même l’intrigue. A partir de la moitié de l’aventure, on observe une grande accélération du scénario, non sans une certaine impression d’avoir manqué quelque chose à un moment. Les personnages secondaires et notre relation avec eux prend un tournant étrange et difficilement explicable, au point que cela rend bien difficile certains choix de dialogues. Lorsque vient la conclusion, très belle d’ailleurs, on ne peut tout de même ignorer la frustration qui ressort de cette aventure dont la beauté n’a finalement d’égal que l’inconsistance.

3/5
Avec Silence : The Whispered World 2, Daedalic Entertainement livre une aventure touchante, portée par une petite héroïne qui a tout d’une grande. Superbe, que ce soit d’un point de vue technique comme artistique, Silence : The Whispered World 2 n’en demeure pas moins une petite déception dès lors que l’on ressert le cadre sur ce qui fait le fond du jeu. Il ne sait pas trop s’il est un point’n’click ou une aventure essentiellement narrative et nous non plus. Silence manque du coup le coche des deux côtés avec ses énigmes qui n’en sont pas et son intrigue qui se permet parfois quelques raccourcis qui créent l’incompréhension. A essayer tout de même si vous êtes du genre à privilégier le poétique envers et contre tout ou pour initier les jeunes joueurs au point’n’click.

+

  • Graphiquement et artistiquement sublime
  • Personnages principaux très attachants
  • Fin réussie
  • Doublages anglais satisfaisants

-

    • Trop simpliste pour être un bon point’n’click
    • Pas assez costaud pour être un jeu essentiellement narratif
    • Intrigue expédiée et grands raccourcis déconcertants
    • Trop court