Jeux

Sniper Ghost Warriors Contracts

FPS | Edité par City Interactive | Développé par CI Games

3/5
One : 22 novembre 2019
02.12 à 10h08 par - Rédacteur

Test : Sniper Ghost Warriors Contracts sur Xbox One

Death Standing

Déjà un quatrième épisode pour la franchise Sniper Ghost Warrior des polonais de City Interactive, rebaptisé depuis CI Games. Après deux premiers épisodes plutôt bien accueillis par les critiques et les joueurs, la licence s'est vue trop belle pour son troisième épisode et s'est ainsi vue distancée par Sniper Elite, son principal concurrent. Mais les polonais nous le promettent, Contracts est là pour retrouver l'esprit originel de la série, et c'est partiellement réussi.

Sniper Ghost Warrior Contracts nous plonge très rapidement dans le bain. Le joueur incarne Seeker, un mercenaire spécialiste du fusil sniper recruté par une organisation qui cherche à faire tomber le néo-gouvernement sibérien. Il s’agit ici d’une uchronie dans laquelle l’immense région du nord de l’Asie est parvenue à prendre son indépendance à la Russie. Un décor parfait pour les développeurs polonais de CI Games qui ne se lassent pas d’utiliser le climat de la Guerre Froide pour envoyer le joueur au front. A mi-chemin entre Rambo et James Bond, Seeker va donc devoir contrecarrer les plans des pontes de Sibérie en détruisant un train chargé de missiles, en détruisant des tests génétiques douteux ou en balançant une balle entre les deux yeux du leader de la mafia locale, qui soutient évidemment un premier ministre corrompu jusqu’à l’os.

Disposant d’une ambiance franchement réussie en dépit du scénario digne d’une bonne vieille série B, vous voilà lancé en plein cœur des steppes de la Sibérie, aux décors de montagnes enneigées et de forêts un peu plus sèches. Les ennemis quant à eux sont nombreux, éparpillés sur cinq cartes plutôt grandes disposant de chemins totalement dénués de danger d’un côté, et de zones truffés de soldats et de champs de mines de l’autre. Chacune de ces cinq missions vous demande de réaliser entre quatre et six contrats (pour un total de 25), vous obligeant à parcourir la quasi-intégralité de la map à chaque fois. Pour les plus pressés, des points de déplacements rapides sont également présents, même si on regrette que ceux-ci sont disponibles dès le début d’une mission et non déblocables en arrivant dans la zone correspondant.

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Globalement, ces cinq maps sont très bien réalisées, que ce soit en terme de topographie avec la possibilité de trouver des spots en hauteur pour débuter le ménage, ou d’un point de vue purement graphique, offrant au titre une esthétique vraiment très appréciable avec finalement assez de diversité dans ses décors malgré le peu d’environnements différents disponibles. Lunette de précision oblige, les cartes sont chargées intégralement avant le début de chaque mission, ce qui crée un gros temps de chargement au lancement de celle-ci, mais plus aucun (ou si peu) ensuite. Une volonté qui permet également de régler la mire sur des distances parfois impressionnantes, élément indispensable pour un titre du genre. Dans le même esprit, certains éléments de décors éloignés de la map dispose d’une modélisation plus succincte, mais pas non plus choquante, et trouvent leur utilité dans le sens où ils sont parfois le repère de snipers ennemis. La grandeur des cartes permet aussi d’aborder les contrats de plusieurs manières différentes et le level-design aux petits oignons laisse le soin au joueur d’appréhender une même action de plusieurs façons différentes.

Mais là où Sniper Ghost Warriors Contracts fait fort, c’est surtout du côté de son gameplay au fusil. Le titre de CI Games se veut en effet très réaliste et prend en compte tous les éléments extérieurs comme le vent et la gravité, mais aussi les capacités de Seeker à retenir sa respiration pour stabiliser la mire. Réussir ses premiers tirs est loin d’être une mince affaire et le tutoriel prouve dès les premiers instants que l’apprentissage se fera dans le temps, avec un peu d’expérience. Même chose pour marquer les ennemis, il est nécessaire de jongler entre les jumelles et le fusil afin de connaitre leur position à chaque instant, et surtout pour savoir quelle est la distance qui vous sépare de l’ennemi afin d’ajuster correctement votre tir. Un icone permet également de distinguer les soldats classiques, des snipers, des officiers ou des soldats lourds. Le but sera alors d’éliminer les ennemis un à un, en évitant que la mort de l’un d’eux ou vos mouvements n’alertent le reste de l’armée. Les patrouilles de deux soldats sont assez nombreuses, et obligent alors à faire preuve de rapidité et de précision. Il est toujours possible de s’en sortir lorsque l’alerte est donnée mais autant dire que le mode bourrin est le meilleur moyen d’arriver rapidement à une mort certaine, surtout en mode difficile. Au contraire, l’infiltration en utilisant les hautes herbes et les points d’ombre est grisante, et donne vraiment l’impression d’agir en toute discrétion. Une sensation aidée, ou pas, par des réactions parfois étranges des soldats.

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A l’aide du masque fourni par la société qui vous emploie, il est possible de mettre en surbrillance des éléments du décor capable de faire diversion (tableau électrique, extincteur, …) ou de repérer des murs sur lesquels vous pouvez vous accrocher, là encore pour atteindre le spot idéal. Un arbre de compétences est également disponible pour améliorer votre masque, mais aussi vos gadgets et votre protection en kevlar. Pour y accéder il est nécessaire de gagner de l’argent via les contrats, qui consistent en général à tuer une personne en particulier, à récupérer une clé USB ou un téléphone ou à pirater des données. Les primes (soldat à abattre, souvent bien entouré) et les défis qui demandent par exemple de tuer un nombre minimum d’ennemis d’une certaine façon sont en revanche facultatifs, mais indispensables pour débloquer l’ensemble de l’arbre. Si quelques compétences se révèlent très utiles dans l’approche en mode infiltration, on aurait bien voulu que la majorité d’entre elles présentent autant d’intérêt, ce qui est loin d’être le cas. Des objets à collectionner sont également répartis sur chaque map, et les retrouver est loin d’être un jeu d’enfant. Tous ces éléments représentent toutefois une volonté des développeurs d’apporter un maximum de rejouabilité au titre, de manière plutôt intelligente.

On termine avec ce qui fâche. Car il n’a pas fallu bien longtemps pour voir débarquer les premiers bugs. Et il ne s’agit pas de bugs graphiques malheureusement. Même s’ils semblent avoir été corrigés par un premier patch sorti dans la foulée de la disponibilité du titre, les crashs de console ont été légion dès la première mission. Pire, les problèmes de sauvegarde automatique ont failli avoir notre peau, et sont à priori toujours présents à l’heure où sont écrites ces lignes. A l’origine de grands moments de frustration quand ceux-ci ne fonctionnent pas et vous ramènent juste avant un passage très délicat qui vous a demandé plusieurs minutes de grande concentration. Pire encore, quand un repop vous ramène pile devant une mitrailleuse automatique qui commence à vous repérer alors que le temps de chargement n’est même pas encore terminé. Les disparitions de corps liés aux primes également, et indispensables à la réussite de celle-ci ont de quoi rendre chèvre. Bref, sans tous les dénombrer, on peut affirmer sans trop de difficultés que ces bugs viennent réellement gâcher une partie du plaisir offert par le titre, pourtant très bon au demeurant. On espère évidemment que d’autres patchs viendront corriger le tir, mais on doute réellement de la capacité du studio à pouvoir tout prendre en compte assez rapidement.

3/5
Là où Sniper Elite se veut accessible très rapidement, Sniper Ghost Warrior Contracts se place presque comme une simulation de fusil à lunette où l'apprentissage des premières minutes permet par la suite de prendre énormément de plaisir à shooter à plusieurs centaines de mètres. Sur fond de scénario de série B, parcourir la toundra et la taïga en monde ouvert se fait de manière très intuitive, sans tomber dans la balade pépère. Tantôt au pas de course, tantôt sur des œufs, mais toujours avec cette impression de pouvoir réaliser un contrat de mille façons différentes. On regrette évidemment les nombreux bugs qui viennent contrecarrer la progression, en sachant que le jeu s'apprécie d'autant plus en mode difficile, au risque de multiplier la frustration par dix.

+

  • Gameplay au fusil hyper précis
  • Grande liberté laissée au joueur
  • Bien relevé au mode difficile
  • Level-design très réussi
  • Assez joli graphiquement

-

    • Truffé de bugs parfois très gênants
    • I.A. aux réactions parfois étranges
    • Déplacements rapides dispos d'entrée
    • Compétences à débloquer bof