Dossier

15.03.2023 à 17h00 par

Dossier – Resident Evil (Partie 2) : Entre coup d’éclat et déception

Pour le meilleur et pour le pire

Resident Evil 5 : L’action à tout prix (2009)

Premier épisode à se passer de son papa (Shinji Mikami), Resident Evil 5 est également le premier à faire une incursion sur les consoles de dernière génération que sont, à ce moment-là, la Xbox 360 et la PlayStation 3. Habitué à nous délivrer des vitrines technologiques (ou tout du moins des jeux de haute facture), Capcom capitalise sur le succès et l’orientation prise par Resident Evil 4 pour nous proposer une expérience résolument tournée vers l’action, le tout saupoudré avec une petite dose de fan-service (ou nostalgie). Une recette efficace ? Oui et non.

Si Resident Evil 0 n’est pas un mauvais jeu, loin de là, il n’en demeure pas moins l’un des plus dispensables de la saga principale. Pour Resident Evil V, c’est à peu près le même constat. Capcom nous livre un jeu qui va reprendre les codes de l’épisode précédent, à savoir un changement de lieu (direction l’Afrique), de l’action exacerbée, des ennemis tentaculaires et le retour de l’un des protagonistes que l’on n’avait pas vu depuis bien longtemps : Chris Redfield. Ce dernier est envoyé en mission avec son acolyte Sheva Alomar pour enquêter sur un mystérieux virus.

L’arrivée dans un village hostile (coucou Resident Evil 4) rempli de cadavres crée une ambiance digne d’un bon Resident Evil. Puis, l’attaque par les locaux forçait nos deux comparses à se barricader et à résister jusqu’à ce que le tout se calme. Chris décide alors, d’un commun accord avec Sheva, de mener son enquête. En effet, même si Umbrella a disparu quelques années plus tôt, il semblerait qu’une autre entreprise ait repris les rênes et qu’un certain Albert Wesker soit de nouveau de la partie, l’antagoniste bien connu des joueurs de la saga n’était d’ailleurs plus réapparu depuis Code Veronica. Sans en dévoiler davantage, il faut bien reconnaitre qu’en dépit de certaines qualités et nouveautés (le mode coop en local était particulièrement sympathique), Resident Evil 5 souffre de certains défauts, ou en tout cas d’un problème identitaire par rapport à la série.

En effet, si vous avez terminé le jeu et que vous connaissez parfaitement bien la saga, vous vous souvenez surement de vidéos où certains protagonistes de la saga s’affrontent, le tout étant saupoudré de ralentis et de plans dignes de grands films d’action. En soi, c’est plutôt bien maitrisé et esthétiquement réussi. Le problème n’étant pas là. Il se trouve plutôt dans la direction prise par la saga. Si Resident Evil 4 était parvenu à ménager la chèvre et le chou en proposant une expérience de jeu qui était équilibrée en termes d’actions, de suspense et de peur, le cinquième épisode verse totalement dans le premier des trois. Les scènes se suivent rapidement et affichent des combats dynamiques et violents où les armes à feu crachent la poudre à grande vitesse. Les explosions retentissent sans cesse et les créatures que l’on affronte sont toujours plus grandes, toujours plus impressionnantes. Un véritable choix réalisé par les développeurs de Capcom qui éloigne drastiquement la saga de ses origines : le survival horror.

À cela, il faut également ajouter un sentiment de répétitivité qu’il est impossible de cacher. Le combat sur l’eau, les ennemis, le village hostile en début de partie ou encore la tronçonneuse. Tous ces éléments (et bien d’autres encore) sont déjà présents dans le quatrième épisode, ce qui renforce encore le sentiment de déjà-vu du titre. Il ne faut pas non plus oublier le traitement léger de certains personnages secondaires ou que la conclusion de Resident Evil 5 (attention spoiler !) marque la fin de l’aventure de l’un des personnages les plus emblématiques de la saga. Une fin que certains joueurs ont d’ailleurs vivement critiquée tant elle était à l’opposé de ce que l’on aurait pu imaginer quelques années plus tôt. Et puis surtout, cette fin, ce choix fait par les développeurs, amène obligatoirement la série à changer une nouvelle fois de direction scénaristique. On est bien loin des premiers épisodes et de la cohérence extrême qui liait les différents opus.

Il n’en reste que sur le plan technique, Resident Evil 5 était un jeu franchement joli pour l’époque. Ce n’était probablement pas le plus beau titre disponible sur Xbox 360 (Gears of War était passé par là), mais il faisait partie du haut du panier en proposant des environnements soignés, des animations plutôt correctes et des plans intéressants. Dommage que l’action soit aussi présente et que la partie scénarisée du titre – un des points forts de la saga, faut-il le rappeler ? – ait autant été malmenée…

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