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Final Fantasy VII Remake Intergrade

RPG | Edité par Square Enix | Développé par Square Enix

8/10
One : 22 January 2026 Series X/S : 22 January 2026
21.01.2026 à 12h00 par - Rédacteur en Chef

Test : Final Fantasy VII Remake Intergrade sur Xbox

Le train pour Midgar entre en gare

Il aura donc fallu attendre près de six ans pour que les joueurs Xbox puissent enfin découvrir celui qui aurait dû être, à l'origine, une exclusivité temporaire d'une seule année. Alors que le jeu original soufflera ses 30 bougies l'an prochain, Final Fantasy VII Remake nous propose de découvrir la première partie d'un jeu culte, sans doute un des plus marquants de la franchise, de par son scénario tragique et son univers qui tranche avec les autres épisodes de la saga. Une plongée dans une œuvre mythique, qui tient à la fois de la lettre d'amour au jeu originel, et de la volonté du producteur Yoshinori Kitase d'en faire une œuvre universelle.

Comme expliqué durant l’introduction, Final Fantasy VII Remake n’est en réalité que la première partie d’une trilogie en cours. Sans trop en dire, et pour ne pas gâcher l’expérience de ceux qui découvriront pour la première fois cet épisode mythique, disons que FFVII Remake propose une aventure qui se déroule exclusivement en huis-clos, sans possibilité d’aller découvrir ce qui se passe au-delà de Midgar. On y incarne Cloud, un ancien membre d’une unité d’élite qui remplit désormais des contrats en tant que mercenaire, et qui se retrouve à devoir saboter un réacteur appartenant à son ancien employeur, dans le but de sauver la planète. Autour du thème de l’écologie, que l’on pouvait déjà considérer comme précurseur à l’époque, ce remake permet d’aborder d’autres sujets plus en profondeur, dont le traitement biaisé de l’information au cœur d’une société corporatiste. Autrement dit, malgré ses presque 30 ans d’âge, le scénario de Final Fantasy VII fait toujours autant écho au monde actuel.

Le fait de s’étendre sur une bonne trentaine d’heures (contre environ 6 heures pour le prologue du FF7 original) permet de mieux dérouler l’aspect narratif et donc de mieux en appréhender les enjeux côté joueur. Malgré tout, les équipes de Yoshinori Kitase ne se sont pas contentées d’étirer en longueur ce qui existait auparavant, mais ont plutôt cherché à offrir une nouvelle dimension à l’ensemble. Les relations entre les personnages sont approfondies, certains chapitres inédits viennent compléter l’histoire de base, et le tour par tour est abandonné au profit d’un système nettement plus dynamique. Tout a été fait pour que les joueurs qui connaissent le jeu d’origine remettent les pieds à Midgar sans avoir l’impression d’être dans la redite, tandis que les nouveaux joueurs apprécieront les efforts entrepris pour moderniser l’œuvre et la rendre accessible au plus grand nombre.

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Côté ambiance, on retrouve l’atmosphère steampunk caractéristique de cet épisode, combinée à des thèmes musicaux parfaitement réorchestrés pour la plupart, et quelques morceaux inédits plus anecdotiques. Le chara-design des personnages principaux est particulièrement réussi, au point de retrouver la patte de Tetsuya Nomura dès le premier coup d’œil. Sorti à l’origine sur PlayStation 4, Final Fantasy VII Remake est particulièrement bien optimisé sur Xbox Series X, avec des temps de chargement très courts, des effets de lumière et de particules qui en mettent plein les yeux et un framerate (60fps) qui ne bronche pas un seul instant en mode Performance. On retrouve quelques environnements emblématiques avec plaisir, d’autant que la finesse des décors est souvent impressionnante, notamment à Wall Market et pour certains intérieurs.

Mais Final Fantasy VII Remake n’est pas qu’une grosse refonte graphique du jeu d’origine puisqu’il en profite également pour abandonner son système de combat au tour par tour, un modèle que la franchise a transformé petit à petit à partir de Final Fantasy XII (2006). Finies les rencontres aléatoires avec les ennemis, le titre permet de se confronter directement sur le terrain, même si les zones plutôt étroites ne laissent généralement pas d’autre choix que de sortir les armes. La possibilité d’infliger autant de coups qu’on souhaite, combinée à la présence d’une garde et d’une esquive, permettent de proposer des combats façon Action-RPG qui n’ont finalement plus grand chose à voir avec le jeu d’origine. Le côté grandiose de la mise en scène des affrontements se marie à merveille avec le retour des invocations, d’autant que celles-ci ne peuvent être déployées que pour les boss, ou quelques autres exceptions.

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Des changements qui poseront sans doute problème aux inconditionnels de JRPG au tour par tour, qui auront peut-être l’impression de se contenter de taper comme un sourd comme dans un beat’em up d’Omega Force. Pour atténuer cette impression, les développeurs ont tout de même imaginé un système de jauges d’ATB, à remplir avec des attaques simples, et indispensables pour réaliser tout le reste. Lancer un sort offensif ou de soin, utiliser un objet, voler ou analyser un ennemi, ou accéder aux attaques spéciales, le principe permet d’offrir un peu de profondeur, même si on sent bien que le titre ne tire pas encore tout son potentiel, la faute aux deux épisodes qui viendront après. Mais globalement, le résultat offre le compromis parfait entre combats au tour par tour et Action-RPG.

On note tout de même quelques petits défauts, notamment lorsqu’il est question de poursuivre et attaquer un ennemi volant avec une arme de corps-à-corps (autrement dit pour Cloud, Tifa, et même Barrett selon l’arme équipée). Même déception pour la garde, qui ne produit pas franchement d’effet positif (à l’exception d’un boss où celle-ci devient indispensable), et qui se retrouve finalement rapidement délaissée au profit de l’esquive. Deux défauts mineurs mais que les équipes de développement ont pris le temps de corriger dans Final Fantasy VII Rebirth (et dès le DLC INTERmission en réalité). Même chose d’ailleurs avec le système d’arbre de compétences, qui se retrouve associé à chacune des armes, avec la nécessité de réattribuer tous les points de compétences obtenus à chaque fois qu’on en obtient une nouvelle. On apprécie en revanche de devoir utiliser une arme spécifique pour débloquer l’attaque spéciale qui lui est associée.

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Au total, Final Fantasy VII Remake permet de contrôler quatre personnages différents, même si le scénario impose finalement un groupe de trois héros maximum. Si quelques interludes obligent à contrôler directement Tifa, Aerith ou Barrett, ils ne durent jamais bien longtemps et on se retrouve à diriger Cloud le reste du temps. On aurait tout de même apprécié pouvoir contrôler un autre membre de l’équipe, d’autant que cela oblige à switcher systématiquement de personnage dès l’entame d’un combat pour qui préfère la rapidité de Tifa ou les attaques à distance d’Aerith ou Barrett. Là encore, Final Fantasy VII Rebirth viendra corriger ce défaut. Toujours côté exploration, il est bon de préciser que FF7 Remake est un titre particulièrement linéaire, avec un grand nombre de zones qui ne sont accessibles que dans certains chapitres. On peut toutefois profiter d’un menu de sélection de chapitres après avoir terminé le jeu une première fois, pour récupérer un objet oublié, ou faire une quête annexe qui aurait été zappée lors du premier run.

Même si la progression est assez linéaire, certains chapitres permettent d’explorer plus ou moins librement, avec notamment une zone qui s’étend sur plusieurs bidonvilles qui est disponible en fin de jeu. C’est d’ailleurs l’occasion parfaite pour prendre le temps de faire quelques missions secondaires, de relever les défis de l’arène, de participer à quelques mini-jeux ou de faire grimper ses statistiques avant de se lancer dans l’ultime quête principale. L’occasion également de récupérer des matérias ou d’augmenter la puissance de celles que l’on a déjà en notre possession. C’est d’ailleurs avec un certain plaisir que l’on retrouve ce système qui permet de lancer des magies, mais aussi d’attribuer d’autres actions aux membres du groupe, actives ou passives. Le principe est simple à comprendre : plus une matéria est équipée, plus elle gagne en niveaux, et donc en puissance. Pouvoir lancer Extra-Feu ou Maxi-Vie devient un leitmotiv qui permet d’assurer la victoire dans certaines batailles qui paraissent compliquées de prime abord.

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Mais selon la volonté du studio, qui souhaite ouvrir la franchise au plus grand nombre, ceux qui ne veulent pas se confronter à la moindre difficulté y trouveront également leur compte. Avec la présence de deux modes de difficulté (Facile et Normal, avec l’ajout du mode Difficile après avoir terminé le jeu une première fois), et celle d’une option «Classique» où le joueur ne gère pas les déplacements, les parades et les esquives, mais garde la main uniquement sur les commandes d’attaques, de magies, et d’objets. Et si cela ne suffit pas, il est aussi possible d’opter pour des options de confort nommées «Progression Simplifiée». Avec la possibilité d’infliger des coups à 9999 de dégâts, d’avoir les poches remplies de gils, et de profiter d’une barre de MP infinie par exemple, le côté ludique disparait totalement, mais ce mode permet de porter l’accessibilité à son maximum, et de profiter pleinement de l’histoire, sans autres artifices.

DLC INTERmission

Sortie un an après le jeu de base, l’extension nommée INTERmission permet de prolonger le plaisir, mais uniquement après avoir terminé l’histoire principale. Un DLC qui nous met dans la peau de Yuffie, une jeune femme qui cherche à récupérer une matéria spéciale située au cœur de la tour Shinra. L’histoire se déroule en parallèle de celle de Cloud, et nous permet de retrouver quelques personnages croisés précédemment, comme Johnny, Jessie ou Rochey. Si les décors sont plus ou moins les mêmes, cela permet néanmoins d’étendre un peu plus l’univers en prolongeant des lieux déjà visités. Pas très longue, cette partie dispose néanmoins de quelques nouveautés, comme la possibilité de parer les attaques ennemies pour prendre un avantage, et d’activer des mécanismes à distance en mode exploration.

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Mais c’est surtout le moyen de profiter d’un ton bien plus léger, sur des musiques souvent bien inspirées qui flirtent avec une ambiance jazzy qui colle parfaitement au côté excentrique de notre héroïne. Accompagnée de Sonon Kusakabe, un maître du bâton, il est possible de lui donner des ordres, de gérer son stuff et ses matérias sans qu’on puisse le contrôler pleinement. Il dispose également d’une capacité nommée «Sacrifice», qui permet à Yuffie de ressusciter si ses vies tombent à zéro, mais qui met Sono hors de combat. On retrouve tout ce qui fait le charme du jeu de base, avec l’apparition de nouveaux défis en Arène et du Fort Condor, un mini-jeu stratégique sympathique inspiré d’une séquence disponible dans le jeu de 1997. Globalement, on a beaucoup apprécié cet interlude en compagnie de Yuffie, et on regrette d’ailleurs que celui-ci soit un peu trop court.

8/10
L'attente est enfin terminée pour les joueurs Xbox et les possesseurs de Nintendo Switch 2. Final Fantasy VII Remake Intergrade marque le début d'une trilogie qui parvient à sublimer le jeu d'origine avec panache, tout en ouvrant la porte aux nouveaux joueurs, en offrant une expérience de jeu à la fois rythmée et accessible. Malgré quelques petits défauts, la nouvelle dimension offerte à ce titre culte est une franche réussite, et il nous tarde désormais de poursuivre l'aventure en dehors de Midgar grâce à sa suite, Final Fantasy VII Rebirth.

+

  • Combats très dynamiques
  • Pensé pour les anciens et les nouveaux joueurs
  • Chara-design impeccable
  • Certains décors très détaillés
  • DLC sympathique mais un peu court
  • Musiques parfaitement réorchestrées
  • Temps de chargement ultra courts

-

    • Arbres de compétences mal fichus
    • Garde peu utile et ennemis volants énervants
    • Quelques passages moins bien rythmés
    • Pas de compromis en 4K/60fps