Jeux

Star Wars Squadrons

Shoot'em up | Edité par Electronic Arts | Développé par EA Motive

3/5
One : 02 octobre 2020
05.10 à 18h41 par

Test : Star Wars Squadrons sur Xbox One

Xbox Series X-Wing

Il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine, … Une licence autrefois rare et majestueuse, désormais vidée de sa substance par une armée de businessmen avide de rentabiliser son investissement. Si l’avenir de Star Wars, cinématographiquement parlant, semble dorénavant se situer sur petit écran, entre les mains notamment de Jon Favreau à l’œuvre sur l’incroyable série The Mandalorian, côté jeux vidéo la licence semble avoir encore du mal à retrouver sa splendeur d’antan. Révélation « surprise » du triste mois de Juin 2020, Star Wars : Squadrons nous renvoie à la source des adaptations vidéoludiques de la série en nous collant une fois de plus sous les cockpits des chasseurs X-Wing et Tie Fighter pour des affrontements multijoueur intenses.

Comme indiqué en préambule, Star Wars : Squadrons est avant tout un jeu conçu et pensé pour être vécu en évitant le flot de canons lasers et d’insultes parmi des milliers de joueurs plus ou moins matures en ligne. Il a tout de même le bon goût de proposer une campagne solo complète, sur laquelle nous allons tout d’abord concentrer ce test, étant donné qu’elle fait également office de tutoriel nécessaire à votre survie plus de quelques secondes devant les joueurs aux réflexes mutants qui parsèment le matchmaking automatique.

Situé durant son introduction en plein milieu de l’épisode 4, puis après l’épisode 6 pour le reste de son intrigue, la campagne de Squadrons vous emmènera une fois de plus durant la longue période de reconquête de liberté de la nouvelle République, face à un Empire déchu, qui n’aura jamais paru aussi fort et puissant qu’après la mise en bière de l’Empereur -actuellement en cours de clonage- et d’un Dark Vador victime d’une crise d’asthme, redevenu Hayden Christensen sous forme d’ectoplasme de la force. Après avoir rapidement personnalisé vos deux pilotes -dont vous ne reverrez évidemment jamais la bouille- vous serez lancé à tour de rôle dans chacun des deux camps pour des missions introduites de façon assez sommaire, via des briefings aussi verbeux que sujets à vous faire explorer les notifications de votre téléphone portable. Heureusement, une fois dans l’action, la mise en scène des combats, ainsi que le dynamisme des objectifs couplé aux communications radio avec vos co-équipiers vous plongera de façon hyper-intense dans l’action. Scan de vaisseaux cargos, passage en force d’un blocus impérial, prise en chasse d’un escadron en fuite… Les situations, mêmes si globalement toujours basées sur le même système de combat en arène, sont suffisamment prenantes et variées pour vous tenir en haleine constamment, le long de tout de même 7 heures que vous occupera la campagne. La magie de l’univers de Tonton Lucas justifie toujours un bon gros tour de manège et de sensations fortes.

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Dommage toutefois que l’histoire se satisfasse des lieux communs habituels, se contentant de faire passer quelques vieilles trognes comme Wedge Antilles ou l’amiral « it’s a trap » Ackbar tout en nous arrosant de dialogues inutiles noyés dans les thèmes musicaux cultes de la série. Les plus vieux fans regretteront la même volonté que sur la campagne de Battlefront 2 de tenter d’humaniser les sous-lieutenants de Vador, subitement plus trop à l’aise avec les massacres de masse, et les pilotes Tie désormais tous affublés de noms propres et surtout totalement en règle avec la parité homme-femme. On pourra toutefois regretter que l’action se situe intégralement dans l’espace et aucune mission ni carte ne nous envoie virevolter sur la surface des nombreuses planètes de la galaxie Star Wars. Même regret pour les cinématiques à l’économie, qui sont soit en images fixes absolument hideuses, soit réalisées avec le moteur du jeu dans une compression digne d’un Divx à 400mo et doté d’une mise en scène que l’on qualifiera poliment de « paresseuse ».

Concernant le pilotage en lui-même, les très nombreuses options de difficulté, personnalisation du HUD ou même de sensibilité de déplacement, vous permettent d’équilibrer parfaitement vos préférences de gameplay. Entre feeling arcade pour un plaisir bourrin et immédiat façon Han Solo ou simulation exigeante et sans pitié pour les apprentis astro-pilotes désireux d’impressionner une princesse, le jeu propose des contrôles simples et très bien pensés avec contrôle total du vaisseau via les deux sticks et des raccourcis intelligents entre les différents boutons du pad. Vous pourrez facilement ordonner à votre droïde une réparation rapide, demander un ravitaillement express auprès de vos co-équipiers ou encore envoyer un leurre sur un missile verrouillé, quel que soit le degré d’intensité de l’action. La principale stratégie à maitriser et qui vous oblige à rester en alerte constante sur votre tableau de bord, vient de l’équilibre de puissance à partager constamment entre celle de vos moteurs, de vos armes ou de votre bouclier. D’une simple pression sur l’une des directions du d-pad, vous pourrez décider d’allouer la majorité de la puissance disponible vers l’un ou l’autre des systèmes. Dans les faits, une puissance supérieure sur le moteur vous permet à mi-vitesse une meilleure maitrise de votre vaisseau -pratique pour gérer les passages étroits ou l’esquive de missile- ainsi que l’utilisation de la jauge de boost vous permettant de rapidement semer compagnie à un adversaire trop collant via des pirouettes et dérapages. Idéal pour ne pas finir comme Biggs Darklighter. En ce qui concerne l’utilisation sur les armes ou le bouclier, le surplus de puissance parle pour lui-même. D’un côté il vous permet une surchauffe nettement moins rapide de vos canons laser et de l’autre une plus grande solidité de votre bouclier, que vous pourrez également choisir de renforcer vers l’avant ou l’arrière de votre bolide.

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Entre deux missions, le HUB central vous permet de discuter un peu avec vos co-équipiers à l’animation et aux monologues semblant sortir tout droit d’un jeu du 20e siècle. Les déplacements dans les bases de l’Empire ou de la Nouvelle République, via des écrans fixe réduits au strict minimum de l’interaction, contribuent également à ce retour en arrière dont on se serait parfaitement passé. Bien sûr, ce sera un passage obligé pour modifier l’un des 8 vaisseaux disponibles -4 pour chaque camp, pas de jaloux- en privilégiant des armes à cadence plus ou moins rapides et des blindages plus ou moins vulnérables aux différents types d’attaques que vous pourrez subir. Les apprentis garagistes seront aux anges, mais les fans de tuning devront se contenter de seulement quelques stickers pour personnaliser l’apparence de leurs appareils. Le tout est évidemment à débloquer au fil des rangs et des récompenses que vous débloquerez à la suite de vos victoires en ligne, les microtransactions étant totalement absentes.

Une fois la campagne bouclée et les bases du pilotage totalement assimilées, vous pourrez partir à l’assaut des combats en multijoueur pour faire perdre votre équipe dans la joie et la bonne humeur. Au programme : des combats aériens vous demandant de travailler de concert avec votre équipe de 5 pilotes pour massacrer la team ennemie ou des batailles de flottes joueurs contre joueurs ou joueurs contre IA, vous demandant d’allier attaque et défense, en prenant soit de détruire le vaisseau amiral ennemi, tout en prenant soin de protéger le vôtre. Le jeu étant très dynamique et simulation oblige, un mode entrainement vous permettra de renforcer votre niveau afin de ne pas trop déséquilibrer celui de votre team face à une équipe bien organisée. Le teamplay étant très poussé le partage en ligne est essentiel et réellement prenant, même si l’on peut rapidement se sentir perdu face au nombre de contrôles à surveiller et la période de respawn relativement longue. Dommage toutefois qu’il faille se contenter de seulement 2 modes de jeux différents, l’action ayant tendance à se répéter et donnant l’impression de faire trop rapidement le tour de ce que propose le jeu.

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Techniquement, hormis la laideur déjà citée des cinématiques et l’austérité des personnages, le jeu est absolument sublime en action. L’espace est criant de vie, que ce soit aux abords d’une planète gigantesque ou au milieu de débris de vaisseaux énormes. L’immersion est parfaite et les nombreux vaisseaux en combat ne viennent absolument jamais faire frémir le framerate. La modélisation des différents intérieurs des vaisseaux est également très soignée et permet de se sentir immédiatement comme un vrai pilote au milieu de son coucou intersidéral. Aucun souci technique à déplorer, l’aliasing, le clipping et le tearing étant aux abonnés absents. Niveau sonore le jeu est à la hauteur de la licence avec les sons et musiques originales de la série, couplés à un très bon mixage et le choix entre doublage originel ou français de qualité.

3/5
Au final, tout jeu multijoueur qu’il est censé être, c’est principalement l’efficacité de son gameplay, couplé au plaisir de sa campagne qui retient l’attention dans Star Wars : Squadrons. Très fun à prendre en main, tout en étant très complet dans sa configuration, on prend plaisir à dégommer les vaisseaux spatiaux par centaines durant une quinzaine de missions aux objectifs variés. Si le plaisir de pilotage est toujours bien présent en multijoueur, le manque de contenu et la personnalisation du pilote comme des vaisseaux viendra rapidement à bout de la patience des joueurs sur le long terme. Un bon jeu Star Wars, à défaut d’être une fois de plus le renouveau pour la série.

+

  • Gameplay excellent entre exigence et plaisir bourrin immédiat
  • Campagne solo longue et variée
  • Techniquement très joli en vol
  • Un multijoueur en 5 vs 5 prenant et stratégique

-

    • Scénario et cinématiques de campagne à l’économie
    • Seulement 2 modes de jeu en ligne
    • Les combats et missions se déroulent intégralement dans l’espace